Robert Hettich

Flash sur les temps modernes

Tout d’abord chez Robert Hettich il y a les tableaux consacrés au Polo et dominés par les chevaux. L’artiste est fasciné par ce sport et y retrouve les mouvements qui correspondent à sa manière de peindre : une dynamique qui possède une force explosive.«Les chevaux de Polo sont la Formule 1 parmi les chevaux de sport. Le sport montre l’énergie, le rythme et le dynamisme ».Robert Hettich les présente par des coups de pinceaux rapides tout en gardant un dessin concentré et précis. C’est par cette technique qu’il capte parfaitement les émotions de l’instant. Il déclenche son flash et sa vision de l’instant est figée dans une fugue impressionniste emplie d'émotions fortes. L’énergie déchainée du jeu de Polo est exprimée avec vivacité dans le langage visuel de Robert Hettich.L’artiste exprime l’esprit de notre temps en s’inspirant de la célèbre phrase d’Arthur Rimbaud : « Il faut être absolument moderne ».Puis, on découvre la modernité de Robert Hettich dans d’autres sujets comme les défilés de mode, la vie nocturne, les centres commerciaux… Il s’inspire alors des classiques du genre impressionniste, et se détache d’eux pour créer une expression qui lui est propre.C’est par un camaïeu de couleur qu’il crée une dynamique efficace : il donne une température à ses personnages et nous laisse partager leurs sensations.Il utilise les jeux de lumières et d’ombres afin d'évoquer le drame social, comme l’exprimait Bertold Brecht dans "L’Opéra à quat’sous" et la fameuse Complainte de Mackie ; où le dernier couplet, ajouté en 1930 pour la version cinématographique, ne perd rien de son actualité : « Parce que certains sont dans le noir et les autres sont dans la lumière. Et l'on voit que la lumière dans l'obscurité vous ne pouvez pas voir. »Robert Hettich ne traite pas uniquement avec la vacuité existentielle de notre temps, de la difficulté des relations humaines et des problèmes sociaux dans la société de consommation. Il met les spots de la peinture, comme disait le critique d’art Michael Stoeber, sur le terra incognita, sur les zones aveugles de notre vision, qui ont la même importance que les espaces entre les mots ou les pauses dans la conversation. Sans vide il n’y a pas de contenu. Avec cette lumière qui doit, selon nos expériences, créer notre vision, les tableaux de Robert Hettich produisent un effet d’autoréflexion entre la création et la destruction d’image.

D'après un texte de Michael Stoeber

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2013-08-20 11.33.14
1 Champain